Le détroit d'Ormuz mesure environ 33 kilomètres de large à son point le plus étroit. Par cette ouverture transitent chaque jour près de 20 millions de barils de pétrole, soit environ un baril sur cinq consommés partout dans le monde. Aucun oléoduc, aucune route, aucune voie maritime de substitution ne peut le remplacer entièrement.

Où il se situe

Le détroit relie le golfe Persique au golfe d'Oman, puis à la haute mer. Sur ses rives se trouvent l'Iran au nord, Oman et les Émirats arabes unis au sud. Presque tout le pétrole que l'Arabie saoudite, l'Iran, l'Irak, le Koweït, le Qatar et les Émirats exportent par voie de mer doit y passer.

Les couloirs de navigation sont encore plus étroits que le détroit lui-même : une voie de quelques kilomètres pour les pétroliers entrants et une autre pour les sortants, dont une partie dans les eaux territoriales iraniennes.

Pourquoi il compte

Cette concentration fait d'Ormuz le point de passage pétrolier le plus important du monde. Une part considérable du brut à destination de l'Asie et de l'Europe franchit le détroit. Pour la France et l'UE, le détroit compte surtout de façon indirecte : il fixe le prix du marché du Brent, sur lequel s'alignent les importations européennes. Une perturbation à Ormuz fait monter le prix du pétrole partout, y compris pour des acheteurs qui ne s'y approvisionnent pas.

Il existe quelques contournements, comme des oléoducs saoudiens et émiratis vers la mer Rouge et le golfe d'Oman. Mais leur capacité ne couvre qu'une fraction du volume qui passe par le détroit. Ormuz n'est pas entièrement remplaçable.

Ce qui se passe en cas de fermeture

L'Iran a menacé à plusieurs reprises de fermer le détroit, et en période de crise cette menace devient le principal moteur des cours. Une fermeture réelle serait la plus grande perturbation d'offre que connaisse le marché pétrolier.

En pratique, « fermé » est rarement absolu. Plus souvent, le trafic chute fortement parce que les armateurs redoutent le risque, les primes d'assurance de guerre bondissent, et les pétroliers coupent leurs transpondeurs pour ne pas être repérés. Le flux de pétrole n'est alors pas coupé, mais renchéri et raréfié. C'est précisément cette distinction, entre un détroit menacé et un détroit vraiment bloqué, qui décide souvent si le prix monte de quelques dollars ou de plusieurs dizaines.

L'essentiel

Ormuz est le point où la géographie et la géopolitique du marché pétrolier se rejoignent. Tant qu'un cinquième de l'offre mondiale doit passer par un seul chenal étroit, toute menace sur cette route reste l'une des forces les plus puissantes qui font bouger le prix.


Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil financier ou d'investissement. Les conditions du marché pétrolier peuvent évoluer rapidement. Consultez un professionnel de la finance qualifié avant de prendre des décisions d'investissement.